La crise n’a pas épargné la navigation de plaisance. Dernier exemple en date les chantiers navals Wauquiez où sont construits des voiliers haut de gamme.
C’est en 1989 que la société Wauquiez, du nom de son fondateur, s’installe dans la zone industrielle de Neuville-en-Ferrain. Rachetée en 1997 par Bénéteau, le N°1 mondial dans cette branche d’activité, elle est reprise en 2008 par le fond d’investissement franco-luxembourgeois Verdoso Industry, à l’exception des bâtiments demeurant la propriété de Bénéteau qui garantissait un quota d’heures de travail sur le site de Neuville-en-Ferrain, engagement jamais respecté.
Le 7 juillet dernier la société Wauquiez qui emploie désormais 72 salariés, la moitié moins qu’en 1989, est placée sous procédure de sauvegarde. Pour lui sortir la tête de l’eau sa trésorerie doit être renflouée à hauteur de 1,6 million, dont 400.000 euros au plus vite, or ni Verdoso ni Bénéteau ne veulent mettre la main au porte monnaie.
Voilà pourquoi le mardi 2 mars 2010 c’est devant le tribunal de commerce de Roubaix-Tourcoing que se jouait le sort des chantiers navals Wauquiez et de ses salariés. Pour l’occasion FO, organisation syndicale majoritaire, avait pris les devants en installant campement et banderoles aux grilles de l’entreprise dans le but d’alerter les actionnaires, les pouvoirs publics et les médias sur le combat qu’ils entendent mener pour la défense de leurs emplois.
Lundi 8 mars, et dans l’attendre du délibéré fixé au 16 mars par le tribunal de commerce, FO Wauquiez avait invité le personnel à un débrayage en début d’après-midi. Aux côtés des représentants de l’Union Locale FO de Tourcoing et de l’Union Départementale du Nord venus soutenir cette initiative suivie par la quasi-totalité du personnel, Johann Capelle délégués FO dans l’entreprise et Christophe Patte, expliquaient aux journalistes présents sur le site qu’ils ne se laisseront pas mener en bateau par de simples promesses et qu’ils entendent mettre la pression sur Verdoso et Bénéteau afin d’éviter que soit prononcée la liquidation judiciaire de leur entreprise et, avec elle, la liquidation pure et simple des 72 postes de travail.
Pression qui, la semaine suivante et à la plus grande satisfaction de l'équipe FO, particulièrement offensive pour la défense de l'emploi, retombait à l'annonce de la décision du tribunal de commerce autorisant les Chantiers Wauquiez à poursuivre leur activité, suite à un accord sur un plan de financement de plus de 1,6 millions d'euros, répartis entre Verdoso, Bénéteau et Lile Métropole communauté urbaine à hauteur de 200.000 € auxquels il convient d'ajouter 500.000 € d'économie de loyers et charges.